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Comment (enfin) tenir ses résolutions ?

Si vous préférez écouter que lire, voici la version podcast de l’article : https://youtu.be/fwN_hSHqj1M

Qui dit nouvelle année dit bien souvent de belles résolutions et l’espoir sincère de les tenir : ou plutôt l’illusion qu’on va être capable de les tenir par le simple fait de les avoir partagées à ses amis le soir du réveillon.

« Si si cette année c’est promis j’arrête de boire ! …Allez on trinque pour fêter ça ? »

Sauf que voilà : prendre une bonne résolution implique de décider de faire évoluer soi-même ses comportements. Cela veut dire changer des habitudes bien souvent ancrées depuis très longtemps. Et ça c’est loin d’être simple : pourquoi ?

Des chercheurs du MIT ont étudié les processus neurologiques de l’habitude. Ils ont découvert que les comportements habituels sont stockés au niveau des noyaux gris centraux, des regroupements de neurones situés dans des ganglions à la base du cerveau. Les actions répétitives y sont converties en automatisme en suivant un schéma précis sous forme de boucle: Signal – Routine- Récompense. On appelle cela le « chunking ». Nous en reparlerons plus tard.

Cette automatisation permet au cerveau de se mettre en veille lors des mouvements de routine. De fait, quand vous faites quelque chose d’habituel, vous ne dépensez pas d’énergie.

Résultat, ayez bien conscience qu’imaginer transformer vos habitudes ou en créer de nouvelles va donc vous demander beaucoup d’efforts. Ce qui conduit à questionner votre motivation réelle et sincère à changer.

  • Le pourquoi vous mettez-vous cette résolution ? les causes
  • mais aussi le pour quoi ? A quoi vous sert cette nouvelle résolution ?

Il vous faudra ensuite identifier quelle nouvelle routine créer et répéter jusqu’à ce qu’elle devienne à son tour automatique ?

Pourquoi se mettre des bonnes résolutions ?

Quel est le moteur de votre envie de changement ? A quoi souhaitez-vous mettre fin ?

Il s’agit de conscientiser concrètement ce qui n’est pas satisfaisant pour vous et en quoi cela vous impacte au quotidien : en résumé trouver du sens. Ce sera plus facile de vous y référer quand vous sentirez le découragement poindre.

Bon vous allez me dire, c’est bien beau tout ça mais on a besoin de concret. Voilà donc un exemple :

  • « Ma bonne résolution cette année c’est de passer moins de temps sur les réseaux sociaux »
  • « Ah oui ? pour quelles raisons voudriez-vous faire ce changement ? »
  • « Parce que je perds du temps et je me disperse »
  • « A quel point est-ce important pour vous de passer moins de temps sur les réseaux sociaux ?»
  • « Parce que par exemple au réveil je regarde direct mon téléphone, je vois ce qui se passe ailleurs, et je me perds tout de suite dans une sensation bizarre, ça me met la pression, je me sens nulle. J’ai du mal à me concentrer sur ce que j’ai envie de faire dans la journée, et après je culpabilise de ne pas être efficace…
  • « A quelle fréquence ressentez-vous cela ? »
  • « Quasiment tous les matins, et puis le soir aussi au coucher »
  • « Si vous deviez évaluer le coût que cela représente pour vous sur une échelle de 0 à 10 ça donnerait quoi ? »
  • « Je dirais 7/10 »
  • « Quelles sont les 3 meilleures raisons que vous avez pour effectuer ce changement ? »
  • « Et bien la première c’est que j’en ai vraiment marre de ressentir ça. La deuxième c’est que si je passais moins de temps sur les réseaux, je pourrais être plus concentré.e sur ce que j’ai à faire et satisfait.e de moi à la fin de la journée. Troisièmement, parce que je pense que je dormirais mieux si je ne regardais pas mon téléphone au coucher. Je me sens souvent fatigué.e durant la journée. Si je dormais mieux et me couchais plus tôt ma journée serait beaucoup plus fluide »

Cette personne a pris une habitude/réflexe qui la pousse à regarder son téléphone au coucher et au réveil. Cela génère de la culpabilité, de la tristesse et de la fatigue, des sensations désagréables et récurrentes dont elle souhaite se défaire. Cela l’empêche de se concentrer sur ce qui est important pour elle, la stimule et lui apporte de la satisfaction.

Elle a donc identifié ses motivations à changer : ce qu’elle veut laisser derrière elle et ce qu’elle recherche.

Comment créer une nouvelle routine ?

En introduction, nous avons évoqué la boucle « chunking » : Signal/ routine/ récompense. Dans son livre intitulé « le pouvoir des habitudes » Charles Duhigg, décrit ce processus comme : « la boucle de l’habitude » et interroge au travers de différents cas comment créer de nouvelles routines via cette boucle.

Il cite l’exemple de Claude Hopkins, pionnier de la publicité moderne, qui a réussi à instaurer l’habitude du brossage de dents chez les américains pour vendre le dentifrice Pepsodent. Il a ajouté le désir et l’envie à la boucle de l’habitude :

  • Signal : « j’ai un film opaque sur les dents »
  • Désir : « j’ai envie d’avoir un beau sourire »
  • Routine :  « je me brosse les dents »
  • Récompense : « J’ai une sensation de propreté et un beau sourire »

En résumé, pour créer ou faire évoluer une nouvelle habitude, il s’agirait donc d’abord d’identifier quel est le signal déclencheur simple et quelle sera la récompense désirable.

Dans l’exemple des réseaux sociaux, on sent bien que la personne va devoir identifier quel besoin l’action automatique de prendre son téléphone vient nourrir. Est-ce une sensation d’ennui ? un évitement pour ne pas faire autre chose ? un besoin d’évasion ou d’inspiration ? un besoin de repos intellectuel ou mise en veille ? un besoin de se sentir relié aux autres ?

La boucle de l’habitude installée à faire évoluer pourrait être la suivante :

  • Le signal pourrait être : Je m’ennuie / je me sens seul.e
  • Le désir/l’envie : me stimuler, me sentir connecté à mes proches, éviter ce qui m’embête
  • La routine : je fais inlassablement le tour des réseaux (facebook, insta, whatsapp, linkedin,mails, tiktok etc )
  • Récompense : j’ai vu quelque chose qui m’a diverti, j’ai reçu un message de quelqu’un ou un like sur une publication, j’ai oublié mes questions existentielles le temps de scroll…

L’effet pervers dans le cas des réseaux, c’est que la récompense n’existe pas de manière systématique, ce qui a pour effet de rallonger encore le temps qu’on y passe en quête de cette récompense aléatoire.

Bref, et maintenant il s’agit de créer quelle autre routine pourrait, à partir du même signal, aboutir à la même récompense.

Par exemple, quand la personne se voit en train de saisir son portable sans raison particulière, il s’agit du signal. Puis, en observant son ressenti à ce moment précis, elle pourra choisir en conscience de faire quelque chose qui nourrisse son besoin de stimulation, sa nouvelle routine.

Enfin, vous vous en doutez bien, il vous faudra beaucoup de volonté pour maintenir ce nouveau comportement. Mais gardez l’espoir, la volonté n’est pas un trait de caractère. Il s’agit d’une compétence qui s’entraine, comme un muscle. Et comme un muscle, la volonté se fatigue. Si vous en faites preuve à plusieurs reprises dans la journée, vous n’en aurez plus en stock à la fin de la journée. C’est important d’en avoir conscience pour être indulgent avec vous-mêmes et pas trop exigeant.   

Vous avez résolument fait preuve de beaucoup de volonté pour écouter ce podcast jusqu’au bout. Bravo, merci et désolée d’avoir grignoté votre stock de volonté pour la journée.

Ma bonne résolution pour cette année : faire des podcasts plus courts !

Ep 4: Taille des arbres et gestion du temps

Ce que la taille peut nous apprendre sur la gestion du temps

Pour écouter le podcast: c’est ici: https://youtu.be/8UH-R8MIgaI

En voici le script pour ceux qui préfèrent lire.

Aujourd’hui je vous propose d’étudier ce que la taille des arbres peut nous apprendre sur la gestion du temps et des priorités. Cette analogie est le fruit d’une rencontre passionnante avec André Gayraud, paysagiste et expert reconnu internationalement pour ses travaux sur les cornouillers. Il me faisait alors découvrir son propre jardin.

Imaginez un écrin de verdure perché au bord de la rivière d’Ain. Les formes, les couleurs, les sons, ce jardin génère un sentiment profond d’harmonie et de sérénité.  Les mots d’André Gayraud résonnent encore: 

« On ne raccourcit pas, on supprime! » « On ne raccourcit pas, on supprime! Je le répète parce que tant qu’on n’a pas compris ça, ça ne sert à rien de tailler » 

André Gayraud fait partie de ceux qui vous transmettent leur passion en quelques secondes, juste en étant à leur contact, avec son parler franc et ses anecdotes. Il tire ses connaissances de son observation du terrain et de ses expérimentations durant plus de 70 ans. Il a aussi appris auprès des plus grands maîtres internationaux de la taille, en voyageant aux quatre coins du monde, et notamment au Japon. 

Pour moi André Gayraud est un « paysagiste de l’esprit » car le rencontrer aura fait fleurir mes pensées, jusqu’à faire ce lien entre Taille des arbres et Gestion du temps et des priorités. 

« On ne raccourcit pas, on supprime ! » Des mots fermes et tranchés, répétés comme un slogan, comme un leitmotiv musical qui résonnent à présent dans ma tête et qui je l’espère feront aussi sens pour vous après l’écoute de ce podcast. 

Imaginez donc que cet arbre que vous vous apprêtez à tailler, représente votre quotidien, votre vie ou votre agenda. Les branches ce sont toutes les activités et engagements qui vous occupent. La sève, c’est votre énergie, celle que vous mettez dans ces différentes actions.

« On ne raccourcit pas on supprime ! » 

Pas d’hésitation, ni pinaillage, l’art de la taille, c’est avant tout l’art de choisir en conscience. Choisir en conscience quelles branches vous souhaitez conserver et par conséquent celles que vous décidez de supprimer. 

Mais attention: André Gayraud raconte:

« Interdiction d’empoigner directement le sécateur et de se jeter sur la première branche venue. D’abord, il faut prendre le temps d’observer l’arbre, prendre du recul, le voir dans son ensemble, dans son environnement. C’est une vraie tradition au Japon, c’est un grand maitre de la taille Bonzai qui me l’a enseigné lorsque j’étais jeune paysagiste.» 

Et vous, vous arrive t-il de prendre le temps du recul sur ce qui occupe concrètement vos journées ? 
Observer l’arbre et son contexte avant de tailler d’accord, qu’est ce qui fait alors que l’on décide de conserver telle ou telle branche? qu’est-ce qui guide ce choix? 

Pour le paysagiste ou jardinier en herbe, il peut y avoir différentes raisons:

  • un intérêt sensoriel pour les fleurs dont on pourra sentir le doux parfum au printemps 
  • Ce peut-être un intérêt pratique: faire de l’ombre en été, se protéger des regards indiscrets. 
  • une raison esthétique: trouver une forme harmonieuse et jouer avec les couleurs pour que l’arbre prenne toute sa place dans le paysage global.
Et pour vous , sur quoi vous basez-vous pour décider des activités que vous allez conserver ? 

Pour vous aider vous pouvez-vous demander: 

  • Quelles sont les activités ou engagement qui me procurent de la joie ? 
  • Quelles sont celles qui me sécurisent, me ressourcent? 
  • Quelles sont celles qui participent de l’équilibre du système dans lequel je me trouve (familial, professionnel) ?

Cela revient à porter attention aux effets que ces activités ont sur vous et votre entourage: 

  • de manière subjective: sur vos émotions et ressentis physiques, votre niveau d’énergie ou de fatigue
  • et de manière objective: sur vos finances par exemple, le nombre de fois où vous êtes tombé malade,

Une fois ce choix fait, il deviendra plus facile de renoncer à toutes ces autres petites branches présentes, certes mais encombrantes. Car rappelez-vous « on ne raccourcit pas on supprime ! » 

C’est à cette condition que les branches choisies vont pouvoir se renforcer, se déployer au printemps et combler vos besoins de beauté et d’harmonie.

Voici maintenant un autre point intéressant soulevé lors de ma visite chez André Gayraud.

Il avait alors beaucoup insisté sur le fait de prendre soin des vides pour paysager un jardin. Que voulait-il dire par là ?

Un arbre, c’est du plein, vous ne voyez pas au travers. Quand on le taille, on fait évoluer sa forme. Ce qui fait l’harmonie d’un jardin ce n’est pas uniquement l’existence et la qualité des espèces plantées, c’est aussi la place laissée aux vides. Car c’est par les vides que le regard peut aller trouver des perspectives lointaines. Un jardin paysagé est un jardin qui offre à la fois du plein, de la matière, pour stimuler les sens et aussi des vides, pour l’apaisement et l’évasion de l’esprit, ou pour imaginer des potentiels.

En cela, l’art de la taille c’est aussi l’art de donner forme au vide. C’est l’art de penser et dessiner le vide au service du plein et vice-versa.

Cette philosophie de l’harmonie du rapport plein/vide se retrouve dans plusieurs arts, comme l’architecture, la peinture, le dessin, la sculpture, et même le chant où l’on parle de silence plutôt que de vide. Le vide offre de l’espace, de l’air, de la résonance mais aussi des potentialités, de la disponibilité, de la surprise…

Pour illustrer cette idée, voici une devinette,

  • « Comment fabrique-t-on du gruyère ? »
  • « On prend des trous et on met de la pâte autour » …

CQFD, cette blague est pourtant extraite d’un cours très sérieux intitulé:  » L’architecture du vide » par Hélène Hatzfeld -Ecole Nationale d’Architecture de Lyon, que je vous invite vivement à lire si ce sujet vous intéresse.

Sans en faire tout un fromage et pour faire le lien avec la thématique Gestion du temps, je vous propose donc maintenant d’interroger quelle place vous laissez au vide dans votre agenda.

Que se passerait-il si vous commenciez par planifier et répartir des moments « off » dans votre semaine pour ensuite planifier vos tâches et activités?

Ces moments off permettent de laisser libre cours à vos envies en fonction de l’énergie disponible à cet instant, et ça c’est un vrai luxe!

« On ne raccourcit pas on supprime ! » Difficile de renoncer, peur de supprimer ? 

Voilà de quoi vous aider: 

  • Pas d’inquiétude, ce qui doit repousser repoussera. La taille s’effectue plusieurs fois dans l’année, à l’automne et au printemps. C’est un travail d’entretien régulier à répéter inlassablement au fil des saisons pour ne pas se laisser envahir. Votre bien être en dépend. 
  • Enfin, supprimer ne veut pas dire que cette activité n’existe plus  du tout dans votre agenda, ça veut dire que ce n’est plus vous qui la gérez. C’est différent. Cela veut dire peut-être demander de l’aide de quelqu’un, payer un service, déléguer…
Saccepter tel quel

S’accepter tel quel avec Mesparrow

Octobre 2020, avec une grande sensibilité, l’artiste tourangelle Mesparrow nous offre son nouveau titre « Différente ». Elle y dévoile son ressenti intime pour qu’il résonne, qu’il fasse écho à ce que d’autres vivent au quotidien, comme un cadeau. Je vous invite à écouter la chanson et observer les ressentis ou échos qu’elle génère en vous. C’est par ici: https://youtu.be/LQCVJaFaQ4o .Je serai heureuse de connaitre vos témoignages (en commentaires de l’article), car pour par ma part, je me suis sentie assez troublée.

Mon corps était traversé par différentes sensations diffuses, que ma tête, elle, était incapable de nommer avec les mots justes. C’est en essayant de jouer la chanson au piano, et donc en cherchant à tâtons les différentes notes et accords,  que j’ai compris la raison de ce trouble. L’ensemble voix/paroles/rythme/mélodie a alors pris tout son sens pour moi.

Au travers du présent podcast, je vous partage le fruit de cette modeste « dissection musico-émotionnelle ».

Toutes mes excuses d’avance si mon oreille a fourché sur l’identification des accords.

Bonne écoute que coûte!

Sans oublier la synthèse !

 

 

Quelle est ma voie

Quelle est ma voie ? Comment la trouver ?

Quand ces questions se mettent à tourner en boucle, c’est le son d’une quête incertaine et cruciale qui s’installe au creux de soi-même, comme un bruit de fond pesant…Bzzzzz, Bzzz, ça donnerait presque le bourdon n’est-ce pas ? Parfois, l’urgence à trouver réponse devient, non plus un bruit de fond, mais une alerte assourdissante et stressante. Dans ce cas, tournez vos oreilles vers le podcast qui suit :

Écouter le podcast : ICI ! // Voir la synthèse : ICI !

Si trouver la réponse à cette question « quelle est ma voie ?» devenait presque obsédant, l’expérience qui va suivre vous aidera je l’espère à la considérer avec un peu plus de légèreté. 

Il s’agit d’une expérience de « dissection » sans scalpel, et sans animal, rassurez vous. Juste vous, votre corps, votre esprit et le mot « voie ». 

C’est parti. 

D’abord une exploration sensorielle : plutôt que de passer beaucoup d’énergie à imaginer LA supposée réponse tant attendue, focalisez votre attention, strictement sur le son propre du mot « voie » Observez comment vous le prononcez : le mouvement de votre bouche, de vos mâchoires, la sensation dans vos lèvres. Observez et ressentez cela en début de mot, puis en fin de mot. 

« Voie » : D’abord, une vibration dans les lèvres quasi fermées, presque des chatouilles, puis l’action d’ouverture des mâchoires et des lèvres, l’émission du son – Enfin la bouche ouverte et qui le reste 

Plus symboliquement : « VVV » : la chatouille qui impose un changement, « OA », l’acte de s’ouvrir à, une sorte d’acceptation de ce qui est. 

Passons maintenant à une exploration sémantique : le sens même du mot « voie », suggère lui aussi ce fameux mouvement : pour aller vers, la dynamique, le fluide : par opposition au figé, à l’œuvre achevée, à la finalité en soi. 

Et si trouver sa voie commençait alors par le fait de s’ouvrir au mouvement ? or ce qui bouge est impermanent. Et si ma voie n’était pas à envisager comme quelque chose de figé, qui définirait enfin qui je suis une bonne fois pour toute, mais comme une accumulation d’expériences evanescentes, qui elles-mêmes contribuent à ma construction identitaire perpétuelle. 

Alors comment apprivoiser le mouvement et l’impermanence ?  

Vous êtes en quête de sens ? partez dès à présent en quête de vos sens… à commencer par l’odorat, qui est un allié tout particulier. Le printemps c’est la saison idéale pr s’y connecter. C’est le sens qui a le plus d’impact émotionnel, un sens immédiat puisqu’on ne peut pas refuser ce qui est offert à la perception du nez, sans risquer l’asphyxie. L’odeur sert de support d’évocation involontaire des souvenirs. L’odeur peut générer appétit et dégoût, accueil et répulsion, porter présence mais aussi absence. Si ce sujet vous intéresse je vous conseille l’interview de Chantal Jaquet, philosophe de l’odorat, dans l’émission les chemins de la philosophie sur France culture : Elle y présente l’un de ses objets d’étude : le kōdō qui figure parmi les trois arts traditionnels japonais. C’est l’art d’ « écouter » les parfums. Ecouter les fragrances. exhalées par des bois parfumés qui sont brûlés selon des règles qui ont été codifiées vers la fin du 14e siècle

En cela, le kodo célèbre la splendeur de ce qui est et va mourir, par l’oreille et le nez.

J’y vois une illustration directe de cet article, puisque c’est le son des questions existentielles qui nous a conduit jusqu’à l’écoute des odeurs…  

Finalement, trouver sa voie, c’est comme avoir du nez, c’est laisser notre intuition, notre feeling, nous guider, c’est s’ouvrir à la possibilité de tester, ajuster, tester encore et remplir son baluchon d’apprentissages nouveaux. En nous amusant avec ce qui est là, juste sous notre nez, que ce soient les mots, le palpable, le visible, l’audible, l’humable, déjà la voie se fait beaucoup plus perceptible et légère. 

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